• Version de février 2017, Le Banquet, Platon, Traduction des participants

    Version de février 2017 :

     

    Platon, Le Banquet : "Où mène l'amour ?"

     

    Traduction des participants.

     

     

    Voici les traductions de nos courageux participants pour le mois de février 2017. Bravo à eux !

    La version était assez difficile et en a peut-être découragé certains.

    La prochaine version, c'est promis, sera plus accessible !

     

     

     

    Traduction d'Olivier Cosma

     

     

     

    Ὃς γὰρ ἂν μέχρι ἐνταῦθα πρὸς τὰ ἐρωτικὰ παιδαγωγηθῇ,

    θεώμενος ἐφεξῆς τε καὶ ὀρθῶς τὰ καλά, πρὸς τέλος ἤδη ἰὼν τῶν

    ἐρωτικῶν ἐξαίφνης κατόψεταί τι θαυμαστὸν τὴν φύσιν καλόν,

    τοῦτο ἐκεῖνο, ὦ Σώκρατες, οὗ δὴ ἕνεκεν καὶ οἱ ἔμπροσθεν

    πάντες πόνοι ἦσαν, πρῶτον μὲν [211a] ἀεὶ ὂν καὶ οὔτε

    γιγνόμενον οὔτε ἀπολλύμενον, οὔτε αὐξανόμενον οὔτε φθίνον,

    ἔπειτα οὐ τῇ μὲν καλόν, τῇ δ᾽ αἰσχρόν, οὐδὲ τοτὲ μέν, τοτὲ

    δὲ οὔ, οὐδὲ πρὸς μὲν τὸ καλόν, πρὸς δὲ τὸ αἰσχρόν, οὐδ᾽ ἔνθα

    μὲν καλόν, ἔνθα δὲ αἰσχρόν, ὡς τισὶ μὲν ὂν καλόν, τισὶ δὲ

    αἰσχρόν· οὐδ᾽ αὖ φαντασθήσεται αὐτῷ τὸ καλὸν οἷον

    πρόσωπόν τι οὐδὲ χεῖρες οὐδὲ ἄλλο οὐδὲν ὧν σῶμα μετέχει

    , οὐδέ τις λόγος οὐδέ τις ἐπιστήμη, οὐδέ που ὂν ἐν ἑτέρῳ τινι,

    οἷον ἐν ζῴῳ ἢ ἐν γῇ ἢ ἐν οὐρανῷ [211b] ἢ ἔν τῳ ἄλλῳ, ἀλλ᾽

    αὐτὸ καθ᾽ αὑτὸ μεθ᾽ αὑτοῦ μονοειδὲς ἀεὶ ὄν, τὰ δὲ ἄλλα

    πάντα καλὰ ἐκείνου μετέχοντα τρόπον τινὰ τοιοῦτον, οἷον

    γιγνομένων τε τῶν ἄλλων καὶ ἀπολλυμένων μηδὲν ἐκεῖνο μήτε

    τι πλέον μήτε ἔλαττον γίγνεσθαι μηδὲ πάσχειν μηδέν. Ὅταν δή

    τις ἀπὸ τῶνδε διὰ τὸ ὀρθῶς παιδεραστεῖν ἐπανιὼν ἐκεῖνο τὸ

    καλὸν ἄρχηται καθορᾶν, σχεδὸν ἄν τι ἅπτοιτο τοῦ τέλους

    . Τοῦτο γὰρ δή ἐστι τὸ ὀρθῶς ἐπὶ [211c] τὰ ἐρωτικὰ ἰέναι ἢ ὑπ

    ἄλλου ἄγεσθαι, ἀρχόμενον ἀπὸ τῶνδε τῶν καλῶν ἐκείνου ἕνεκα

    τοῦ καλοῦ ἀεὶ ἐπανιέναι, ὥσπερ ἐπαναβασμοῖς χρώμενον, ἀπὸ

    ἑνὸς ἐπὶ δύο καὶ ἀπὸ δυοῖν ἐπὶ πάντα τὰ καλὰ σώματα, καὶ ἀπὸ

    τῶν καλῶν σωμάτων ἐπὶ τὰ καλὰ ἐπιτηδεύματα, καὶ ἀπὸ τῶν

    ἐπιτηδευμάτων ἐπὶ τὰ καλὰ μαθήματα, καὶ ἀπὸ τῶν μαθημάτων

    ἐπ᾽ ἐκεῖνο τὸ μάθημα τελευτῆσαι, ὅ ἐστιν οὐκ ἄλλου ἢ αὐτοῦ

    ἐκείνου τοῦ καλοῦ μάθημα, καὶ γνῷ αὐτὸ τελευτῶν ὃ ἔστι

    [211d] καλόν.

               

          Celui que l'instruction a guidé jusqu'à ce point vers les choses de l'amour a contemplé les beaux objets dans le bon ordre; maintenant qu'il arrive au terme de son étude, il apercevra subitement une chose admirable, belle par nature. C'est elle, Socrate, qui justifie les efforts qui ont précédé; elle qui, tout d'abord, [211a] possède une existence éternelle, qui n'est ni engendrée ni périssable, ni sujette à l'accroissement ou à l'étiolement; qui ensuite n'est ni belle en ceci ou laide en cela, ni non plus tantôt belle, tantôt non, ni tendant soit vers le beau, soit vers le laid, ni belle ici et laide ailleurs, ni belle pour certains et laide pour d'autres. Par ailleurs cette beauté ne lui apparaîtra pas sous la forme d'un visage, et pas davantage de mains ou de quoi que ce soit d'autre qui appartienne à un corps, ni de quelque énoncé ou de quelque science, ni de quelque chose existant quelque part en une autre entité, animal de la terre ou du ciel [211b] ou quelque autre objet; mais elle lui apparaîtra comme existant éternellement en elle-même et par elle-même, unie à elle-même dans l'unicité de son aspect.


              Toutes les autres choses belles participent d'elle, d'une façon telle que leur naissance et leur fin ne lui ajoutent ni ne lui retirent quoi que ce soit, et ne l'affectent en rien. Quand donc justement on s'élève au-dessus des réalités d'ici-bas par un amour bien compris des jeunes gens, et que l'on commence à apercevoir cette beauté-là, on touche presque au but, pourrais-je dire. Car le droit chemin [211c] qui mène aux choses de l'amour, ou qui permet à un autre de vous y conduire, consiste précisément - partant des beautés d'ici-bas en ayant pour but cette beauté-là – à s'élever continuellement comme au moyen d'échelons, passant d'un seul beau corps à deux, puis de deux à tous, puis des beaux corps aux belles occupations, puis des occupations aux beaux apprentissages, jusqu'à ce que l'on passe des apprentissages à cette ultime leçon qui consiste en l'apprentissage de rien d'autre que cette beauté-là, et que pour finir on connaisse en soi ce qui est [211d] beau.

     

     

    Traduction de Jean-Claude Dutto

     

     

    Ὃς γὰρ ἂν μέχρι ἐνταῦθα πρὸς τὰ ἐρωτικὰ παιδαγωγηθῇ,

    θεώμενος ἐφεξῆς τε καὶ ὀρθῶς τὰ καλά, πρὸς τέλος ἤδη ἰὼν τῶν

    ἐρωτικῶν ἐξαίφνης κατόψεταί τι θαυμαστὸν τὴν φύσιν καλόν,

    τοῦτο ἐκεῖνο, ὦ Σώκρατες, οὗ δὴ ἕνεκεν καὶ οἱ ἔμπροσθεν

    πάντες πόνοι ἦσαν, πρῶτον μὲν [211a] ἀεὶ ὂν καὶ οὔτε

    γιγνόμενον οὔτε ἀπολλύμενον, οὔτε αὐξανόμενον οὔτε φθίνον,

    ἔπειτα οὐ τῇ μὲν καλόν, τῇ δ᾽ αἰσχρόν, οὐδὲ τοτὲ μέν, τοτὲ

    δὲ οὔ, οὐδὲ πρὸς μὲν τὸ καλόν, πρὸς δὲ τὸ αἰσχρόν, οὐδ᾽ ἔνθα

    μὲν καλόν, ἔνθα δὲ αἰσχρόν, ὡς τισὶ μὲν ὂν καλόν, τισὶ δὲ

    αἰσχρόν· οὐδ᾽ αὖ φαντασθήσεται αὐτῷ τὸ καλὸν οἷον

    πρόσωπόν τι οὐδὲ χεῖρες οὐδὲ ἄλλο οὐδὲν ὧν σῶμα μετέχει

    , οὐδέ τις λόγος οὐδέ τις ἐπιστήμη, οὐδέ που ὂν ἐν ἑτέρῳ τινι,

    οἷον ἐν ζῴῳ ἢ ἐν γῇ ἢ ἐν οὐρανῷ [211b] ἢ ἔν τῳ ἄλλῳ, ἀλλ᾽

    αὐτὸ καθ᾽ αὑτὸ μεθ᾽ αὑτοῦ μονοειδὲς ἀεὶ ὄν, τὰ δὲ ἄλλα

    πάντα καλὰ ἐκείνου μετέχοντα τρόπον τινὰ τοιοῦτον, οἷον

    γιγνομένων τε τῶν ἄλλων καὶ ἀπολλυμένων μηδὲν ἐκεῖνο μήτε

    τι πλέον μήτε ἔλαττον γίγνεσθαι μηδὲ πάσχειν μηδέν. Ὅταν δή

    τις ἀπὸ τῶνδε διὰ τὸ ὀρθῶς παιδεραστεῖν ἐπανιὼν ἐκεῖνο τὸ

    καλὸν ἄρχηται καθορᾶν, σχεδὸν ἄν τι ἅπτοιτο τοῦ τέλους

    . Τοῦτο γὰρ δή ἐστι τὸ ὀρθῶς ἐπὶ [211c] τὰ ἐρωτικὰ ἰέναι ἢ ὑπ

    ἄλλου ἄγεσθαι, ἀρχόμενον ἀπὸ τῶνδε τῶν καλῶν ἐκείνου ἕνεκα

    τοῦ καλοῦ ἀεὶ ἐπανιέναι, ὥσπερ ἐπαναβασμοῖς χρώμενον, ἀπὸ

    ἑνὸς ἐπὶ δύο καὶ ἀπὸ δυοῖν ἐπὶ πάντα τὰ καλὰ σώματα, καὶ ἀπὸ

    τῶν καλῶν σωμάτων ἐπὶ τὰ καλὰ ἐπιτηδεύματα, καὶ ἀπὸ τῶν

    ἐπιτηδευμάτων ἐπὶ τὰ καλὰ μαθήματα, καὶ ἀπὸ τῶν μαθημάτων

    ἐπ᾽ ἐκεῖνο τὸ μάθημα τελευτῆσαι, ὅ ἐστιν οὐκ ἄλλου ἢ αὐτοῦ

    ἐκείνου τοῦ καλοῦ μάθημα, καὶ γνῷ αὐτὸ τελευτῶν ὃ ἔστι

    [211d] καλόν.

               

               Celui qui, en effet, a été instruit jusqu’à ce point dans les réalités de l’amour et qui en considère, dans l’ordre et avec justesse, les beautés, parvenu dès lors au terme de ces réalités de l’éros, remarquera tout à coup une chose étonnante, belle par nature, cela même, Socrate, sur quoi étaient fondés également tous ses efforts antérieurs, cette chose étant, d’abord, éternelle, ni en devenir ni périssable, sujette ni à augmentation ni à épuisement, ensuite, non pas belle en telle partie et laide en telle autre, ni belle tantôt et tantôt non, ni à considérer tantôt sous le rapport de la beauté, tantôt sous celui de la laideur, ni belle ici mais laide là, comme étant belle pour certains et laide pour d’autres ; et la Beauté ne lui apparaîtra pas non plus tel un visage ou des mains ou aucun autre des éléments qui font partie d’un corps, ou un discours ou une science, ni, je suppose, comme se trouvant dans quelque chose de différent, comme dans un animal, dans la terre, dans le ciel ou dans quelque autre chose, mais telle qu’en elle-même, étant toujours unie à elle-même dans la pure simplicité de son apparence, tandis que c’est d’elle que participent toutes les autres beautés, d’une manière telle que, soit qu’elles naissent, soit qu’elle périssent, celle-là n’en sort ni agrandie ni amoindrie et qu’elle n’en pâtit en aucune façon. Chaque fois donc qu’à partir de ces réalités, en s’élevant par une pratique correcte de l’amour des garçons, on commence à comptempler cette beauté, on serait prêt d’atteindre au but.

     

              Voici donc en effet la bonne façon de parvenir aux réalités de l’éros ou bien d’y être conduit par un autre : en partant depuis ces beautés-ci, s’élever toujours en vue de cette beauté-là, comme en faisant usage d’échelons, d’un seul beau corps à deux et de deux à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations aux belles connaissances, et des connaissances terminer par cette connaissance-là qui n’est autre que la connaissance de cette beauté-là et qu’on sache ainsi pour finir ce qu’est la beauté en soi.

     

     

     

     

     

     

     

     


    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :