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    Version grecque de novembre 2016 :

    Esope, Fables. 

     

     

    Voici les belles propositions de traduction

    des trois participants de ce mois-ci.

    Bravo à eux !

     

     

     

     

    1) L'âne et les cigales

     

    Ὄνος καὶ τέττιγες



    Ὄνος ἀκούσας τεττίγων ᾀδόντων ἥσθη ἐπὶ τῇ εὐφωνίᾳ καὶ ζηλώσας αὐτῶν τὴν φωνὴν ἐπελάθετο καὶ τῆς οἰκείας φωνῆς.
    Οὕτως οἱ τῶν παρὰ φύσιν ἐπιθυμοῦντες καὶ ἃ ἔχουσι δυστυχοῦσι.

     

     

    Traduction de Marie-Cécile Buteau :

     

    Un âne entendit le chant des cigales, et fut charmé par leur beau chant. Jaloux de leurs voix, il oublia même le son de sa propre voix. Ainsi, ceux qui ont des désirs contre-nature sont également malheureux de ce qu'ils possèdent.

     

    Ὄνος καὶ τέττιγες

     

    Ὄνος ἀκούσας τεττίγων ᾀδόντων ἥσθη ἐπὶ τῇ εὐφωνίᾳ καὶ ζηλώσας αὐτῶν τὴν φωνὴν ἐπελάθετο καὶ τῆς οἰκείας φωνῆς.
    Οὕτως οἱ τῶν παρὰ φύσιν ἐπιθυμοῦντες καὶ ἃ ἔχουσι δυστυχοῦσι.

    Traduction de Jean-Claude Dutto :

     

    Un âne, entendant des cigales chanter, prit plaisir à ce son harmonieux et, cherchant à égaler leur voix, en oublia la sienne propre. Ainsi en va-t-il de ceux qui ont des désirs contre nature et qui sont malheureux de ce qu’ils possèdent.

     

    Ὄνος καὶ τέττιγες



    Ὄνος ἀκούσας τεττίγων ᾀδόντων ἥσθη ἐπὶ τῇ εὐφωνίᾳ καὶ ζηλώσας αὐτῶν τὴν φωνὴν ἐπελάθετο καὶ τῆς οἰκείας φωνῆς.
    Οὕτως οἱ τῶν παρὰ φύσιν ἐπιθυμοῦντες καὶ ἃ ἔχουσι δυστυχοῦσι.

    Traduction de Bernard Collet :

     

    Un âne qui avait écouté le chant des cigales fut charmé de leur harmonie et ayant jalousé leur voix en oublia même la sienne propre. Ainsi ceux qui désirent des choses contre leur nature sont malheureux même quand ils l’ont obtenu.

     

     

     

     

     

     2) La cigale et le renard.

     

     

     Τέττιξ καὶ ἀλώπηξ



    Τέττιξ ἐπὶ τινος ὑψηλοῦ δένδρου ᾖδεν. Ἀλώπηξ δὲ βουλομένη αὐτὸν καταφαγεῖν τοιοῦτόν τι ἐπενόησεν. Ἄντικρυς στᾶσα ἐθαύμαζεν αὐτοῦ τὴν εὐφωνίαν, καὶ παρεκάλει καταβῆναι,
    λέγουσα ὅτι ἐπιθυμεῖ θεάσασθαι πηλίκον ζῷον τηλικαύτην φωνὴν φθέγγεται. Κἀκεῖνος ὑπονοήσας αὐτῆς τὴν ἐνέδραν, φύλλον ἀποσπάσας καθῆκε. Προσδραμούσης δὲ ὡς ἐπὶ τὸν τέττιγα, ἔφη· Ἀλλὰ πεπλάνησαι, ὦ αὕτη, εἰ ὑπέλαβές με καταβήσεσθαι· ἐγὼ γὰρ ἀπ᾿ ἐκείνου ἀλώπεκας φυλάττομαι ἀφ᾿ οὗ ἐν ἀφοδεύματι ἀλώπεκος πτερὰ τέττιγος ἐθεασάμην. Ὅτι τοὺς φρονίνους τῶν ἀνθρώπων αἱ τῶν πέλας συμφοραὶ σωφρονίζουσι.

     

     

     

     Traduction de Marie-Cécile Buteau :

     

     Une cigale sur le haut d'un arbre perchée chantait. Un renard qui voulait la manger imagina le tour suivant : installé juste en face, il admira son beau chant et lui proposa de descendre, prétextant qu'il désirait voir la stature de l'animal qui chantait avec une telle voix. Mais la cigale, soupçonnant le piège, arracha une feuille et la fit choir. Comme le renard s'était précipité dessus comme si c'était la cigale, elle dit : « Tu t'es bien trompé, très cher, si tu as cru que je descendrais. Je fais attention aux renards depuis le jour où dans des crottes de renard j'ai vu des ailes de cigale. » Les malheurs des voisins assagissent les hommes sensés.

     

    Τέττιξ καὶ ἀλώπηξ

     


    Τέττιξ ἐπὶ τινος ὑψηλοῦ δένδρου ᾖδεν. Ἀλώπηξ δὲ βουλομένη αὐτὸν καταφαγεῖν τοιοῦτόν τι ἐπενόησεν. Ἄντικρυς στᾶσα ἐθαύμαζεν αὐτοῦ τὴν εὐφωνίαν, καὶ παρεκάλει καταβῆναι,
    λέγουσα ὅτι ἐπιθυμεῖ θεάσασθαι πηλίκον ζῷον τηλικαύτην φωνὴν φθέγγεται. Κἀκεῖνος ὑπονοήσας αὐτῆς τὴν ἐνέδραν, φύλλον ἀποσπάσας καθῆκε. Προσδραμούσης δὲ ὡς ἐπὶ τὸν τέττιγα, ἔφη· Ἀλλὰ πεπλάνησαι, ὦ αὕτη, εἰ ὑπέλαβές με καταβήσεσθαι· ἐγὼ γὰρ ἀπ᾿ ἐκείνου ἀλώπεκας φυλάττομαι ἀφ᾿ οὗ ἐν ἀφοδεύματι ἀλώπεκος πτερὰ τέττιγος ἐθεασάμην. Ὅτι τοὺς φρονίνους τῶν ἀνθρώπων αἱ τῶν πέλας συμφοραὶ σωφρονίζουσι.

     

    Traduction de Jean-Claude Dutto :

     

    Une cigale chantait sur un grand arbre. Un renard, voulant la dévorer, conçut le stratagème suivant :
    S’étant posté en face, il manifestait son admiration pour sa belle voix et l’invitait à descendre, disant qu’il désirait voir quel grand animal faisait entendre une telle voix. Et celle-là, suspectant le traquenard du renard, arracha une feuille et la laissa tomber. Alors qu’il s’élançait comme si c’était sur la cigale, « Mais tu t’es trompé », dit-elle, « eh toi ! si tu as cru que j’allais descendre ; je me garde en effet des renards depuis le jour où j’ai vu les ailes d’une cigale dans les excréments d’un renard ». Car les malheurs d’autrui donnent une leçon à ceux d’entre les hommes qui sont avisés.

     

    Τέττιξ καὶ ἀλώπηξ

     

    Τέττιξ ἐπὶ τινος ὑψηλοῦ δένδρου ᾖδεν. Ἀλώπηξ δὲ βουλομένη αὐτὸν καταφαγεῖν τοιοῦτόν τι ἐπενόησεν. Ἄντικρυς στᾶσα ἐθαύμαζεν αὐτοῦ τὴν εὐφωνίαν, καὶ παρεκάλει καταβῆναι,
    λέγουσα ὅτι ἐπιθυμεῖ θεάσασθαι πηλίκον ζῷον τηλικαύτην φωνὴν φθέγγεται. Κἀκεῖνος ὑπονοήσας αὐτῆς τὴν ἐνέδραν, φύλλον ἀποσπάσας καθῆκε. Προσδραμούσης δὲ ὡς ἐπὶ τὸν τέττιγα, ἔφη· Ἀλλὰ πεπλάνησαι, ὦ αὕτη, εἰ ὑπέλαβές με καταβήσεσθαι· ἐγὼ γὰρ ἀπ᾿ ἐκείνου ἀλώπεκας φυλάττομαι ἀφ᾿ οὗ ἐν ἀφοδεύματι ἀλώπεκος πτερὰ τέττιγος ἐθεασάμην. Ὅτι τοὺς φρονίνους τῶν ἀνθρώπων αἱ τῶν πέλας συμφοραὶ σωφρονίζουσι.

     

    Traduction de Bernard Collet :

     

    Une cigale chantait en haut d’un arbre. Un renard qui voulait la dévorer imagina ce stratagème. S’étant arrêté contre l’arbre, il s’extasia devant son beau chant et l’invita à descendre en lui disant qu’il désirait voir de quelle taille était l’animal qui produisait un son aussi puissant. Mais la cigale se méfiant d’une embuscade, arracha une feuille et la laissa tomber. Alors qu’il se précipitait dessus comme s’il s’agissait de la cigale, elle lui dit : « tu t’es fourvoyé, coquin, si tu pensais que j’allais descendre. Car moi je me garde des renards comme toi depuis que j’ai vu des ailes de cigale dans leur merde ». Comme quoi les malheurs des proches servent de leçon aux gens sensés.

     

     

     

     

     

     

     

     

     3) La cigale et les fourmis.

     

     

    Τέττιξ καὶ μύρμηκες

     


     Χειμῶνος ὥρᾳ τὸν σῖτον βραχέντα οἱ μύρμηκες ἔψυχον. Τέττιξ δὲ λιμώττων ᾔτει αὐτοὺς τροφήν. Οἱ δὲ μύρμηκες εἶπον αὐτῷ· Διὰ τί τὸ θέρος οὐ συνῆγες καὶ σὺ τροφήν; Ὁ δὲ εἶπεν· Οὐκ ἐσχόλαζον, ἀλλ᾿ ᾖδον μουσικῶς. Οἱ δὲ γελάσαντες εἶπον· Ἀλλ᾿ εἰ θέρους ὥραις ηὔλεις, χειμῶνος ὀρχοῦ. Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι οὐ δεῖ τινα ἀμελεῖν ἐν παντὶ πράγματι, ἵνα μὴ λυπηθῇ καὶ κινδυνεύσῃ.

     

    Traduction de Marie-Cécile Buteau :

     

    A la saison de l'hiver, les fourmis séchaient le blé mouillé. Une cigale, affamée, leur demanda de la nourriture. Les fourmis lui demandèrent : « Pourquoi ne stockais-tu pas de la nourriture pendant l'été ? ». Elle leur répondit : « Je ne suis pas restée oisive : je chantais mélodieusement. »

     Les fourmis se mirent à rire et lui répondirent : «  Si tu chantais au moment de l'été, danse en hiver. »

     La fable montre qu'il ne faut être négligent en aucune affaire pour éviter tout chagrin et danger.

     

     

    Τέττιξ καὶ μύρμηκες

     

    Χειμῶνος ὥρᾳ τὸν σῖτον βραχέντα οἱ μύρμηκες ἔψυχον. Τέττιξ δὲ λιμώττων ᾔτει αὐτοὺς τροφήν. Οἱ δὲ μύρμηκες εἶπον αὐτῷ· Διὰ τί τὸ θέρος οὐ συνῆγες καὶ σὺ τροφήν; Ὁ δὲ εἶπεν· Οὐκ ἐσχόλαζον, ἀλλ᾿ ᾖδον μουσικῶς. Οἱ δὲ γελάσαντες εἶπον· Ἀλλ᾿ εἰ θέρους ὥραις ηὔλεις, χειμῶνος ὀρχοῦ. Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι οὐ δεῖ τινα ἀμελεῖν ἐν παντὶ πράγματι, ἵνα μὴ λυπηθῇ καὶ κινδυνεύσῃ.

     

    Traduction de Jean-Claude Dutto :

      
    Au moment de l’hiver, les fourmis faisaient sécher le blé chétif. Une cigale, souffrant de la faim, leur demandait de la nourriture. Mais les fourmis lui dirent : « Pourquoi, durant l’été, n’amassais-tu pas toi aussi de la nourriture ? ». « Je n’étais pas oisive », dit-elle, « mais je chantais artistiquement ». Et elles de dire en riant : « Mais si aux heures d’été tu jouais de la flûte, en hiver, danse ! ». La fable montre qu’en toute chose il ne faut pas être insouciant afin de ne subir ni peine ni péril.

     

    Τέττιξ καὶ μύρμηκες

     

     Χειμῶνος ὥρᾳ τὸν σῖτον βραχέντα οἱ μύρμηκες ἔψυχον. Τέττιξ δὲ λιμώττων ᾔτει αὐτοὺς τροφήν. Οἱ δὲ μύρμηκες εἶπον αὐτῷ· Διὰ τί τὸ θέρος οὐ συνῆγες καὶ σὺ τροφήν; Ὁ δὲ εἶπεν· Οὐκ ἐσχόλαζον, ἀλλ᾿ ᾖδον μουσικῶς. Οἱ δὲ γελάσαντες εἶπον· Ἀλλ᾿ εἰ θέρους ὥραις ηὔλεις, χειμῶνος ὀρχοῦ. Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι οὐ δεῖ τινα ἀμελεῖν ἐν παντὶ πράγματι, ἵνα μὴ λυπηθῇ καὶ κινδυνεύσῃ.

     

    Traduction de Bernard Collet :

     

    Les fourmis faisaient sécher leur nourriture qui avait été mouillée durant l'hiver. Une cigale affamée leur demandait de quoi manger. Les fourmis lui dirent : " Pourquoi pendant l'été n'as-tu pas amassé pour toi de la nourriture ?" Et elle leur répondit : " Je n' en ai pas eu le temps car je chantais avec art" Elles lui dirent alors en riant : " Mais si pendant l'été tu jouais, danse pour toi l'hiver." Cette histoire montre qu'il ne faut pas négliger quelque chose dans tout ce qu'on fait afin de ne pas se trouver en peine et courir un danger.

     

     

     

     

     

    Vous pouvez désormais, si vous le souhaitez, donner votre avis sur ces traductions ou féliciter

    les participants dans les commentaires !

     

     

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    Merci à tous !

     

     

     


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  •  Version grecque de décembre 2016 :

    Lucien, Dialogue des morts (24 lignes),

    (Crésus, Pluton, Ménippe, Midas et Sardanapale).

     

     

    Version grecque de décembre 2016 : Lucien, Dialogue des morts.

    Charon traversant le Styx, (c. 1515-1524), Joachim Patinir;
    Museo del Prado, Madrid

     

     

     

    Version imprimable à télécharger ici : « Lucien, Dialogue des morts.pdf »

     

    Vous pouvez envoyer votre traduction par mail et poser vos questions dans les commentaires, jusqu'à la fin du mois ; toutes les traductions seront ensuite mises en ligne dans un article le 31 décembre.

     

     

    Κροῖσος
    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.
    Πλούτων

    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;

    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.
    Πλούτων

    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;

    Μένιππος

    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.

    Πλούτων

    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.

    Μένιππος

    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;

    Πλούτων

    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.

    Μένιππος

    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος

    ταῦτα οὐχ ὕβρις;

    Μένιππος

    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνων ἀφῃρημένοι.

    Κροῖσος

    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.

    Μίδας

    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.

    Σαρδανάπαλλος

    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.

    Μένιππος

    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον.

     

    Bon courage à tous !

     

     

     

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    L'amour de la vie et de la lumière 

     

     

    L'amour de la vie, pour les Grecs, c'est avant tout l'amour de la lumière. Comme l'écrit Charles 

    Mugler dans son article "La lumière et la vision dans la poésie grecque", pour les Grecs, "l'élément 

    vital n'était pas l'air, mais la lumière. Mourir, ce n'était pas cesser de respirer, mais cesser de voir

    la lumière."

     

    Cette expression de leur amour pour la vie et le soleil, nous vous proposons de la redécouvrir ici

    à travers quelques textes épiques et tragiques.

     

     

    "Vivre et voir la lumière du soleil"

     

     

    Cette expression, qui combine l'idée de vie et de vision de la lumière, se retrouve fréquemment dans

    l'épopée. Ci-dessous deux exemples choisis pour leur beauté :

     

      

                    * Dans l'Odyssée, Chant κ, Ulysse conte aux Phéaciens le désespoir qui a été le sien

    lorsque Circé lui annonça qu'avant de rentrer à Ithaque, il devrait tout d'abord descendre aux Enfers :

     

      ὣς ἔφατ', αὐτὰρ ἐμοί γε κατεκλάσθη φίλον ἦτορ·

    κλαῖον δ' ἐν λεχέεσσι καθήμενος, οὐδέ νύ μοι κῆρ

    ἤθελ' ἔτι ζώειν καὶ ὁρᾶν φάος ἠελίοιο

    αὐτὰρ ἐπεὶ κλαίων τε κυλινδόμενός τε κορέσθην,

    καὶ τότε δή μιν ἔπεσσιν ἀμειβόμενος προσέειπον

     

    Odyssée, Chant κ, vers 495 à 499

    "Ainsi parla-t-elle, et mon souffle en fut brisé. Je

    restai sur le lit à pleurer; découragé, je ne voulais

    plus vivre et voir la lumière du soleil. Mais quand

    à force de pleurer, de me rouler sur le lit, je fus

    enfin rassasié de larmes, je lui répondis en ces

    termes : ..."

    Médéric DUFOUR - Jeanne RAISON, Homère, L'Odyssée. Paris, Garnier, 1961

     

     

     

                        * Dans l'Iliade, Thétis, au chant Σ (v. 55 à 62), après avoir relaté la croissance de son fils

    Achille (semblable à une jeune pousse), regrette qu'il soit dans l'affliction, lui qui pourtant vit et voit

    la lumière du soleil :

     

    ἥ τ' ἐπεὶ ἂρ τέκον υἱὸν ἀμύμονά τε κρατερόν τε 


    ἔξοχον ἡρώων· ὃ δ' ἀνέδραμεν ἔρνεϊ ἶσος·


    τὸν μὲν ἐγὼ θρέψασα φυτὸν ὣς γουνῷ ἀλωῆς


    νηυσὶν ἐπιπροέηκα κορωνίσιν Ἴλιον εἴσω


    Τρωσὶ μαχησόμενον· τὸν δ' οὐχ ὑποδέξομαι αὖτις


    οἴκαδε νοστήσαντα δόμον Πηλήϊον εἴσω.    60


    ὄφρα δέ μοι ζώει καὶ ὁρᾷ φάος ἠελίοιο


    ἄχνυται, οὐδέ τί οἱ δύναμαι χραισμῆσαι ἰοῦσα.

     

    Après avoir enfanté un fils irréprochable et

    fort, supérieur aux héros (il a poussé pareil à

    un jeune arbre), l'ayant nourri comme un jeune

    plant dans un verger à flanc de coteau, je l'ai,

    sur des vaisseaux recourbés, envoyé à Ilion

    combattre les Troyens. Ce fils, je ne le

    recevrai pas, je ne le verrai pas revenir chez

    lui dans la maison de Pélée ; et, pendant que je

    l'ai, qu'il vit, et voit la lumière du soleil, il est

    affligé, et je ne peux en rien le secourir par ma

    présence.



    Eugène LASSERRE, Homère, Iliade. Paris, Classiques Garnier, 1955.



     

     

     

     

     Mourir, c'est quitter la lumière

     

    Cette idée est mise en valeur dans les tragédies. En voici deux exemples, tirés d'Hécube

    d'Euripide et d'Antigone de Sophocle :

     

                       * Hécube, Euripide : Au moment où elle doit mourir, Polyxène regrette dans sa dernière

    discussion avec sa mère de voir pour la dernière fois les rayons et le disque du soleil, vers 408 à 413 :

     

    Ἀλλ', ὦ φίλη μοι μῆτερ, ἡδίστην χέρα


    δὸς καὶ παρειὰν προσβαλεῖν παρηίδι·


    ὡς οὔποτ' αὖθις, ἀλλὰ νῦν πανύστατον


    ἀκτῖνα κύκλον θ' ἡλίου προσόψομαι.


    Τέλος δέχῃ δὴ τῶν ἐμῶν προσφθεγμάτων.


    Ὦ μῆτερ, ὦ τεκοῦσ', ἄπειμι δὴ κάτω.

    Mais plutôt, ô ma mère bien-aimée, tends-moi

    cette main chérie, approche ton visage du mien...

    hélas! pour la dernière fois... Mes yeux ne

    reverront plus ces rayons, cette radieuse clarté du soleil. Reçois

    mes derniers adieux. Ô ma mère ! ô toi qui m'as donné la vie, je

    descends au séjour des ombres.

     

     M. ARTAUD, Tragédies d'Euripide. Paris, Charpentier, 1842

    Traduction française reprise sur le site de Philippe Remacle.

     

     

     

     

                      * Dans l'Antigone de Sophocle, la condamnation à mort de l'héroïne la prive du "droit" de

    voir la lumière du soleil, vers 877.

     

    Ἀντιγόνη


    ἄκλαυτος, ἄφιλος, ἀνυμέναιος ταλαίφρων ἄγομαι


    τὰν πυμάταν ὁδόν. οὐκέτι μοι τόδε


    λαμπάδος ἱερὸν ὄμμα


    θέμις ὁρᾶν ταλαίνᾳ. 880


    τὸν δ᾽ ἐμὸν πότμον ἀδάκρυτον


    οὐδεὶς φίλων στενάζει.

     

    Donc les pleurs, l'amitié ni les chants d'hyménée

     

    sur mon dernier chemin ne m'auront fait escorte,

     

    et plus jamais ne s'ouvrira


    pour moi cet oeil sacré du jour!
     


    Telle est ma loi, infortunée :


    sur mes malheurs pas une larme, pas un soupir
    ami !

     

    Robert PIGNARRE, Théâtre de Sophocle. Paris, Classiques Garnier, t. I, 1947

     

     

     

     

     

     


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    Voici les propositions de traduction des 5 participants de ce mois-ci.

    N'hésitez pas à commenter ces traductions dans les commentaires en bas de page !

     

     

    Version de Philippe Brillault :

     

    Kροῖσος


    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.


    Πλούτων
    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;


    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.


    Πλούτων
    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;


    Μένιππος
    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.


    Πλούτων
    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.


    Μένιππος
    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;


    Πλούτων
    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.


    Μένιππος
    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος
    ταῦτα οὐχ ὕβρις;


    Μένιππος
    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνωνἀφῃρημένοι.


    Κροῖσος
    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.


    Μίδας
    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.


    Σαρδανάπαλλος
    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.


    Μένιππος
    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον

     Crésus :

     Nous ne supportons pas, ô Pluton, Ménippe, ce chien  qui loge près de nous : aussi soit tu (le) déplaces vers quelque endroit, soit nous élirons domicile dans un autre lieu.

     

    Pluton :

    En quoi s’est-il rendu terrible à vos yeux, étant votre compagnon de mort ?

     

    Crésus :

     

    Quand nous-mêmes nous nous lamentons et gémissons au souvenir des délices d’en-haut, Midas de son or, Sardanapale de ses nombreux plaisirs, et moi, Crésus, de mes trésors, il rit de nous et nous injurie, nous appelant esclaves et rebuts, et parfois, en chantant, il trouble encore plus nos plaintes et il est tout-à-fait fâcheux.

     

    Pluton :

    Que sont ces choses qu’ils disent, Ménippe ?

     

    Ménippe :


    C’est la vérité, cher Pluton, car je hais ceux qui sont misérables et de basse extraction, pour qui il ne suffit pas de vivre pitoyablement mais qui, même morts, se souviennent et s’accrochent aux choses d’en-haut : c’est pourquoi je me réjouis de les avoir chagrinés. 


    Pluton :

    Mais il ne faut pas : ils s’affligent d’être privés d’avantages non négligeables. 


    Ménippe :
    Mais toi, tu parles sottement, cher Pluton, en compatissant à ces gémissements.
     
    Pluton :
    En aucune façon, mais je ne voudrais pas vous être un motif de querelle. 


    Ménippe :
    Et donc, vous les pires des Lydiens, des Phrygiens et des Assyriens, sachez ceci à savoir que je ne m’arrêterai pas : en effet, où que vous alliez, je vous poursuivrai en vous affligeant, en vous moquant et en vous ridiculisant. 


    Crésus :
    N’est-ce pas un outrage ? 


    Ménippe :
    Non pas, mais l’outrage c’était ce que vous avez fait, vous qui prétendez être obéis et qui raillez les hommes libres et n’avez absolument pas la mort en tête : voilà pourquoi plaignez-vous d’avoir été privés de toutes ces avantages.

     
    Crésus :
    C’est-à-dire, ô dieux, de mes nombreuses et grandes possessions. 


    Midas :
    Pour ma part, certainement, de combien d’or. 


    Sardanapale :
    Et moi, de combien de plaisirs. 


    Ménippe :
    Eh bien donc, faites ainsi : lamentez-vous de votre côté ; pour ma part, en débitant souvent la formule « connais-toi toi-même », je la chanterai pour vous : il conviendrait, en effet, que des incantations soient utilisées pour de telles lamentations.


     

    Version grecque de Nicolas Souhait :

     

     

     

    Kροῖσος


    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.


    Πλούτων
    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;


    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.


    Πλούτων
    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;


    Μένιππος
    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.


    Πλούτων
    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.


    Μένιππος
    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;


    Πλούτων
    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.


    Μένιππος
    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος
    ταῦτα οὐχ ὕβρις;


    Μένιππος
    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνωνἀφῃρημένοι.


    Κροῖσος
    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.


    Μίδας
    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.


    Σαρδανάπαλλος
    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.


    Μένιππος
    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον

     

    Crésus

    Nous ne supportons pas, Pluton, ce chien de Ménippe, notre voisin ; donc, ou tu le mets ailleurs, ou c’est nous qui partons vers un autre endroit.

    Pluton

    Que vous a-t-il donc fait de terrible ? Il est mort comme vous !

    Crésus

    Quand nous, nous nous lamentons et nous gémissons en nous souvenant des choses de là-haut, Midas ici présent de son or, Sardanapale de ses délices nombreux, et moi, Crésus, de mes trésors, il se moque de nous, nous blâme en nous traitant d’esclaves et d’ordures, et quelquefois c’est même en chantant qu’il trouble nos lamentations ; bref, il est pénible.

    Pluton

    Que disent-ils, Ménippe ?

    Ménippe

    Ils disent vrai, Pluton ; je les déteste, eux qui sont de basse naissance, des misérables, à qui il n’a pas suffit de mener une mauvaise vie, puisque même morts, ils se souviennent et s’accrochent encore aux choses de là-haut ; voilà pourquoi je me réjouis de les tourmenter.

    Pluton

    Mais il ne faut pas ; ils sont tristes car ce n’est pas rien, ce qu’ils ont perdu.

    Ménippe

    Tu es fou aussi, Pluton : compatir à leurs gémissements ?

    Pluton

    Pas du tout, mais je ne voudrais pas que vous vous battiez.

    Ménippe

    Eh bien, vous autres, les pires des Lydiens, des Phrygiens et des Assyriens, sachez que je ne m’arrêterai même pas. Là où vous irez, je vous accompagnerai en vous tourmentant, en chantant et en me moquant.

    Crésus

    Et il n’est pas là en train de nous outrager ?

    Ménippe

    Non, l’outrage, c’est ce que vous avez fait, en estimant qu’on devait se prosterner devant vous, se railler d’hommes libres, et en ne vous souvenant pas du tout de la mort ; voilà pourquoi vous gémirez, vous qui avez été privés de tout.

    Crésus

    Ah dieux ! De nombreux biens, si grands !

    Midas

    Et moi de quelle grande quantité d’or !

    Sardanapale

    Et moi de ma vie de si grands plaisirs !

    Ménippe

    C’est bien, continuez ! Plaignez-vous, moi que je vous accompagnerai en musique, vous ressassant souvent le « connais-toi toi-même » ; il conviendrait bien à de telles plaintes, comme accompagnement !

     

     

     

     

     

     

    Version de Baudoin Chann :

     

    Kροῖσος


    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.


    Πλούτων
    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;


    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.


    Πλούτων
    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;


    Μένιππος
    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.


    Πλούτων
    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.


    Μένιππος
    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;


    Πλούτων
    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.


    Μένιππος
    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος
    ταῦτα οὐχ ὕβρις;


    Μένιππος
    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνωνἀφῃρημένοι.


    Κροῖσος
    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.


    Μίδας
    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.


    Σαρδανάπαλλος
    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.


    Μένιππος
    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον.

     



    Crésus:


    Nous ne supportons pas, ô Pluton, ce chien de Ménippe s'installant auprès de nous ; de sorte que soit celui-là se transportera ailleurs soit nous migrerons vers un autre endroit.


    Pluton:
    Que vous fait-il de terrible en étant un compagnon dans la mort ?


    Crésus:


    Chaque fois que nous nous lamentons et gémissons en nous rappelant les choses passées, Midas son or, Sardanapale sa vie luxueuse, et moi Crésus mes trésors, il se moque et nous fait des repproches par des injures nous appelant esclaves ou objets impurs, parfois en chantant il trouble encore plus nos lamentations, il est tout entier source de chagrin.


    Pluton:
    Pourquoi disent-ils cela ô Ménippe ?


    Ménippe:
    Toutes ces choses sont vraies ô Pluton, je les deteste car ils sont sans noblesse et miserables, il ne leur a pas suffit de mal vivre mais ayant été tués aussitôt ils se souvenaient et s'enfermaient dans les choses d'en haut ; voilà donc pourquoi je me réjouis en m'approchant d'eux.


    Pluton:
    Mais il ne faut pas ; ils sont affligés car privés de tous leurs biens.


    Ménippe :
    Tu es sot ô Pluton en étant d'accord avec leurs complaintes.


    Pluton:


    Nullement, mais je ne veux pas de dissenssions.


    Ménippe:


    Ô les plus mauvais des Lydiens des Phrygiens et des Assyriens sachez que je ne cesserai point là où vous irez je vous accompagnerai en chantant et en me moquant.


    Crésus
    Ces choses ne sont-elles pas de l'outrage ?


    Ménippe:
    Non ces choses que vous faisiez cela c'était de l'outrage. Vous croire dignes d'etre adorés et vous jouer des hommes libres et ne vous rappelant absolument pas de la mort. Voila pourquoi etant privés de toutes ces choses vous pleurez.


    Crésus:
    Assurement de mes richesses et de mes biens ô dieu.


    Midas:
    Comme de mon or.


    Sardanapale
    Et de ma décadence.


    Ménippe
    Vous faites bien comme cela, vous vous plaigniez et moi souvent je vous rappelerai le connais toi a toi-même, "BLANC" , cela conviendrait à de telle lamentation que le "connais-toi toi-même"
    vous accompagne.

     

    Version de Bernard Collet :

     

    Kροῖσος


    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.


    Πλούτων
    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;


    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.


    Πλούτων
    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;


    Μένιππος
    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.


    Πλούτων
    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.


    Μένιππος
    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;


    Πλούτων
    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.


    Μένιππος
    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος
    ταῦτα οὐχ ὕβρις;


    Μένιππος
    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνωνἀφῃρημένοι.


    Κροῖσος
    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.


    Μίδας
    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.


    Σαρδανάπαλλος
    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.


    Μένιππος
    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον

     

     

     

    Crésus
    Pluton, nous ne supportons pas que ce chien de Ménippe vive parmi nous : à ce point que, soit installe le quelque part, soit nous émigrerons ailleurs.


    Pluton
    Qu’est-ce qu’il vous fait de terrible ? Il est mort comme vous !


    Crésus
    Quand nous nous lamentons et nous gémissons en nous rappelant de ces choses d’en haut : Midas, lui de son or, Sardanapale de sa vie pleine de délices, et moi Crésus, de mes trésors, il se moque de nous et nous insulte en nous traitant d’esclaves et d’ordures. Et parfois en chantant il trouble encore plus nos lamentations et il est très pénible.


    Pluton
    Ménippe, pourquoi disent-ils de cela ?


    Ménippe
    C’est la vérité, Pluton, parce je déteste leurs vulgarités et leurs méprisables manières. Il ne leur suffit pas d’avoir vécu misérablement et même morts, ils se souviennent et
    s’attachent encore aux choses d’en haut. Je prends alors du plaisir à les contrarier.


    Pluton
    Mais il ne faut pas, car ils sont affligés de ne pas manquer de peu.


    Ménippe
    Mais es-tu fou, Pluton, d’être d’accord avec leurs gémissements ?


    Pluton
    Certes non, mais je ne voudrais pas que vous vous révoltiez.


    Ménippe
    Ils sont vraiment les pires des Lydiens, des Phrygiens et des Assyriens. Sachez que même si vous leur donnez une autre place, je ne cesserai pas, en quelque lieu que
    vous alliez, de les suivre pour les embêter, me moquer d’eux avec des chansons et rire d’eux.


    Crésus
    N’est-ce pas là une chose excessive ?


    Ménippe
    Mais ce que vous avez fait n’était-il point excessif : vouloir qu’on se prosterne devant vous, vous jouer des hommes libres et absolument pas vous souvenirde la mort. Voilà donc pourquoi vous vous lamenterez parce que vous êtes privé de tout cela.


    Crésus
    Ô dieux ! De nombreuses et grandes richesses.


    Midas
    Autant pour moi d’or


    Sardanapale
    Et autant pour moi de délices.


    Ménippe
    Parfaitement, c’est ce que vous faites. Plaignez-vous et moi en me rattachant sans cesse au « connais-toi toi-même » je vous accompagnerai avec des chansons qui peuvent convenir à de telles lamentations.

     

     

     

    Version de Jean-Claude Dutto :

     

    Kροῖσος


    οὐ φέρομεν, ὦ Πλούτων, Μένιππον τουτονὶ τὸν κύνα παροικοῦντα· ὥστε ἢ ἐκεῖνόν ποι κατάστησον ἢ ἡμεῖς μετοικήσομεν ἐς ἕτερον τόπον.


    Πλούτων
    τί δ᾽ ὑμᾶς δεινὸν ἐργάζεται ὁμόνεκρος ὤν;


    Κροῖσος
    ἐπειδὰν ἡμεῖς οἰμώζωμεν καὶ στένωμεν ἐκείνων μεμνημένοι τῶν ἄνω, Μίδας μὲν οὑτοσὶ τοῦ χρυσίου, Σαρδανάπαλλος δὲ τῆς πολλῆς τρυφῆς, ἐγὼ δὲ Κροῖσος τῶν θησαυρῶν, ἐπιγελᾷ καὶ ἐξονειδίζει ἀνδράποδα καὶ καθάρματα ἡμᾶς ἀποκαλῶν, ἐνίοτε δὲ καὶ ᾄδων ἐπιταράττει ἡμῶν τὰς οἰμωγάς, καὶ ὅλως λυπηρός ἐστι.


    Πλούτων
    τί ταῦτά φασιν, ὦ Μένιππε;


    Μένιππος
    ἀληθῆ, ὦ Πλούτων· μισῶ γὰρ αὐτοὺς ἀγεννεῖς καὶ ὀλεθρίους ὄντας, οἷς οὐκ ἀπέχρησε βιῶναι κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀποθανόντες. ἔτι μέμνηνται καὶ περιέχονται τῶν ἄνω· χαίρω τοιγαροῦν ἀνιῶν αὐτούς.


    Πλούτων
    ἀλλ᾽ οὐ χρή· λυποῦνται γὰρ οὐ μικρῶν στερόμενοι.


    Μένιππος
    καὶ σὺ μωραίνεις, ὦ Πλούτων, ὁμόψηφος ὢν τοῖς τούτων στεναγμοῖς;


    Πλούτων
    οὐδαμῶς, ἀλλ᾽ οὐκ ἂν ἐθέλοιμι στασιάζειν ὑμᾶς.


    Μένιππος
    καὶ μήν, ὦ κάκιστοι Λυδῶν καὶ Φρυγῶν καὶ Ἀσσυρίων, οὕτω γινώσκετε ὡς οὐδὲ παυσομένου μου· ἔνθα γὰρ ἂν ἴητε, ἀκολουθήσω ἀνιῶν καὶ κατᾴδων καὶ καταγελῶν.

    Κροῖσος
    ταῦτα οὐχ ὕβρις;


    Μένιππος
    οὔκ, ἀλλ᾽ ἐκεῖνα ὕβρις ἦν, ἃ ὑμεῖς ἐποιεῖτε, προσκυνεῖσθαι ἀξιοῦντες καὶ ἐλευθέροις ἀνδράσιν ἐντρυφῶντες καὶ τοῦ θανάτου τὸ παράπαν οὐ μνημονεύοντες· τοιγαροῦν οἰμώξεσθε πάντων ἐκείνωνἀφῃρημένοι.


    Κροῖσος
    πολλῶν γε, ὦ θεοί, καὶ μεγάλων κτημάτων.


    Μίδας
    ὅσου μὲν ἐγὼ χρυσοῦ.


    Σαρδανάπαλλος
    ὅσης δὲ ἐγὼ τρυφῆς.


    Μένιππος
    εὖ γε, οὕτω ποιεῖτε· ὀδύρεσθε μὲν ὑμεῖς, ἐγὼ δὲ τὸ γνῶθι σαυτὸν πολλάκις συνείρων ἐπᾴσομαι ὑμῖν· πρέποι γὰρ ἂν ταῖς τοιαύταις οἰμωγαῖς ἐπᾳδόμενον

     

     

     

     

     

    Crésus
    Pluton ! Nous ne supportons pas Ménippe, ce chien qui est notre voisin : par conséquent, soit tu le mets quelque part ailleurs, soit c’est nous qui migrons vers un autre endroit.


    Pluton
    Mais que vous fait-il de si terrible, étant donné qu’il est mort tout comme vous?
     

     

    Crésus
    Lorsque nous nous lamentons et gémissons en nous remémorant les choses d’en haut, Midas que voici, son or, Sardanapale, sa luxure phénoménale, et moi, Crésus, mes
    trésors, il se moque et nous injurie, nous traitant de prisonniers de guerre et de victimes expiatoires; parfois aussi il chante pour troubler encore plus nos lamentations et il est absolument pénible.


    Pluton
    Pourquoi tiennent-ils ce discours, Ménippe?


    Ménippe
    C’est la vérité, Pluton; car je les hais, vulgaires et misérables qu’ils sont, eux à qui il n’a pas suffi de mener une mauvaise vie, mais qui font de même dans la mort. Ils se souviennent encore des choses d’en-haut et ils y sont très attachés; voilà donc pourquoi je me réjouis de les tarabuster.

    Pluton
    Mais il ne faut pas...car ce ne sont pas de petites privations qui font qu’ils sont affligés.


    Ménippe
    Eh Pluton ! Toi aussi tu déraisonnes en t’unissant à leurs gémissements ?


    Pluton
    Absolument pas, mais je ne voudrais pas qu’il y ait de conflit entre vous…


    Ménippe
    Eh bien justement ! Oh, vous, les pires d’entre les Lydiens, les Phrygiens et les Assyriens, sachez donc bien que je ne vais pas me calmer, car où que vous alliez, je vous suivrai en vous tarabustant, en vous chansonnant et en vous raillant.


    Crésus
    Ce n’est pas de l’insolence, ça ?


    Ménippe
    Non, mais c’était de l’insolence ce que vous faisiez, de juger convenable qu’on se prosterne devant vous, de vous railler des hommes libres et de ne vous souvenir absolument pas de la mort: voilà donc pourquoi vous vous lamentez d’être privés de toutes ces choses.


    Crésus
    Oui, ô Dieux, de ces biens aussi nombreux que considérables.


    Midas
    Et moi d’une telle quantité d’or !


    Sardanapale
    Et moi d’une telle luxure !


    Ménippe
    Eh bien donc continuez d’agir ainsi; continuez à vous lamenter, et moi, en débitant souvent le “connais-toi toi-même”, je vous accompagnerai de mes chansons. Car il
    conviendrait d’accompagner de telles plaintes par des chansons.
     



     


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      L'Ecole Ouverte de Grec Ancien 

     

     vous adresse ses meilleurs vœux

     

     et vous souhaite une très belle année 2017 !

      

     

    Version de janvier 2017 :

     

     Hymne homérique : "Au Soleil"

      

     

    Version imprimable du texte à télécharger : « Hymne au Soleil.pdf »

     

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    Εἲς Ἥλιον



    ἥλιον ὑμνεῖν αὖτε Διὸς τέκος ἄρχεο Μοῦσα,

     

    Καλλιόπη, φαέθοντα, τὸν Εὐρυφάεσσα βοῶπις

     

    γείνατο Γαίης παιδὶ καὶ Οὐρανοῦ ἀστερόεντος:

     

    γῆμε γὰρ Εὐρυφάεσσαν ἀγακλειτὴν Ὑπερίων,

     

    αὐτοκασιγνήτην, ἥ οἱ τέκε κάλλιμα τέκνα,

     

    Ἠῶ τε ῥοδόπηχυν ἐυπλόκαμόν τε Σελήνην

     

    Ἠέλιόν τ᾽ ἀκάμαντ᾽, ἐπιείκελον ἀθανάτοισιν,

     

    ὃς φαίνει θνητοῖσι καὶ ἀθανάτοισι θεοῖσιν

     

    ἵπποις ἐμβεβαώς: σμερδνὸν δ᾽ ὅ γε δέρκεται ὄσσοις

     

    χρυσέης ἐκ κόρυθος: λαμπραὶ δ᾽ ἀκτῖνες ἀπ᾽ αὐτοῦ

     

    αἰγλῆεν στίλβουσι παρὰ κροτάφων δέ τ᾽ ἔθειραι

     

    λαμπραὶ ἀπὸ κρατὸς χαρίεν κατέχουσι πρόσωπον

     

    τηλαυγές: καλὸν δὲ περὶ χροῒ λάμπεται ἔσθος

     

    λεπτουργές, πνοιῇ ἀνέμων: ὕπο δ᾽ ἄρσενες ἵπποι.

     

    ἔνθ᾽ ἄρ᾽ ὅ γε στήσας χρυσόζυγον ἅρμα καὶ ἵππους,

     

    [αὐτόθι παύεται ἄκρου ἐπ᾽ οὐρανοῦ, εἰσόκεν αὖτις]

     

    θεσπέσιος* πέμπῃσι δι᾽ οὐρανοῦ Ὠκεανόνδε.

     

    χαῖρε, ἄναξ, πρόφρων δὲ βίον θυμήρε᾽ ὄπαζε.

     

    ἐκ σέο δ᾽ ἀρξάμενος κλῄσω μερόπων γένος ἀνδρῶν

     

    ἡμιθέων, ὧν ἔργα θεαὶ* θνητοῖσιν ἔδειξαν.

     

     

     

    * Nos remerciements à Olivier Cosma qui nous fait remarquer qu'il existe deux autres leçons possibles, utilisées dans les éditions

    françaises :

    - vers 17, θεσπεσίους à la place de θεσπεσίος

    - dernier vers, θεοὶ au lieu de θεαὶ.

     

    Vous pouvez dans votre traduction choisir les leçons qui vous conviennent le mieux, à condition de garder une cohérence (édition

    anglaise, donnée en premier, ou édition française), et de préciser lors de votre envoi l'édition que vous avez choisie.

    Merci également de bien vouloir remplacer mentalement les ":" (due à l'édition anglaise du texte) par le point en haut grec.

     

     

     

     

    N.B. : Pour plus de facilité, merci d'envoyer vos versions par mail au format pdf, avec votre traduction en français uniquement.

     

     

     


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